Pincées d’Idiotine: Chronique # 8 – DERNIÈRE HEURE – Le Comité Nobel change d’avis! Trump n’aura pas son prix Nobel! Nous avons enquêté!

C’est avec stupeur que nous avons appris que le prix Nobel de médecine 2026 a finalement été décerné le 5 octobre dernier aux chercheurs allemands Georg Nagel et Peter Hegemann ainsi qu’à l’américain Karl Deisseroth pour leurs travaux sur le cerveau.

Suite à un scoop sensationnel obtenu par notre envoyé spécial à Stockholm, nous avions pourtant annoncé le mois dernier que ce prix avait été décerné à Donald J. Trump, président des États-Unis, ainsi qu’aux chercheurs Eliot Soulières, Christophe Chevalier et Valentin Toure pour leurs propres recherches sur le cerveau, en l’occurrence l’identification des idiotines de type 1 et 2 et leur rôles dans le développement de diverses formes de folie.

Qu’est-ce qui explique ce volte-face du Comité Nobel? Notre envoyé spécial a fouillé le dossier pour finalement réussir à décortiquer cet imbroglio. 

Un cadeau suspect de Donald Trump au Comité Nobel

Toute l’affaire débute en septembre, alors que Donald Trump, dans le but manifeste d’influencer le comité du prix Nobel de la paix en sa faveur, leur a envoyé une boîte contenant le fameux pain de viande cuisiné d’après la recette de sa mère, y joignant même un exemplaire de cette recette dont nous reproduisons ci-dessous un artéfact.

On s’en doute bien, le comité du prix Nobel de la paix ne fut pas dupe de ces manœuvres douteuses. Tout de suite, le président de ce comité s’est empressé de refiler le cadeau au personnel de la maison, suggérant qu’on en fasse don à une soupe populaire d’un quartier défavorisé de Stockholm. Le geste était noble et reçut tout de suite l’assentiment de tous les membres du comite. L’adjoint du chef du protocole, un dénommé Sven Smorgasbörd, se proposa pour remplir cette mission, affirmant être le beau-frère de la directrice de la soupe populaire en question. Toutefois, ce coquin de Sven, un farceur invétéré toujours à la recherche de la bonne blague, décida plutôt d’inclure le pain de viande au menu du comité du prix Nobel de médecine. Empressons-nous tout de même d’ajouter que Sven ne négligea pas sa mission pour autant et acheta un baril de petites boulettes d’Ikea pour l’ONG de sa belle-sœur.

Sven Smorgasbörd, s’apprêtant à servir le pain de viande aux membres du comité Nobel de médecine

Les délibérations de ce comité se déroulèrent le 17 septembre dernier.  Elle donnèrent d’abord lieu à des débats houleux, chaque membre du comité tentant de mousser la candidature de son poulain. Sentant la soupe chaude (vous me pardonnerez ce jeu de mot), la présidente du comité décréta une pause pour le repas du midi, pause au cours de laquelle ce pain de viande fut subrepticement servi, accompagné de champignons et d’une purée de pommes de terre, suivant les prescriptions de la fameuse recette. 

Comme chacun sait, les émotions ça creuse et c’est avec un bel appétit que les illustres membres du comité s’empressèrent de dévorer leur assiette, ne laissant que des miettes de ce pain de viande qui après tout n’était pas vilain.  Les protagonistes se laissèrent même aller à accompagner leurs agapes d’un petit verre de vin, ce qui ne fut probablement pas une très bonne idée.  En effet, lors de la rencontre qui suivit ce repas, les choses ont bien vite dérapé, d’après ce qu’un membre du personnel affecté au service de cette soirée a confié à notre envoyé spécial.  Alors que les discussions concernant le prochain récipiendaire du prix Nobel sont habituellement posées et cartésiennes, cette fois-ci, la séance tourna plutôt en une série de divagations et élucubrations des plus insensées, résultant en la sélection finale de Trump et compagnie comme récipiendaires du prix Nobel de médecine. C’est sur la base de cette information exclusive que nous avons publié illico cette nouvelle extraordinaire.

Au prix de mille bassesses, nous avons pu obtenir des clichés de la rencontre avant et après ce fameux repas du midi. Ces clichés parlent par eux-mêmes, tout le monde, j’en suis sûr, sera du même avis.

Délibérations du Comité du Prix Nobel de médecine 2026

Avant le repas du midi.

Après le repas du midi.

(si c’est pas malheureux de voir ça)

Volte-face du Comité Nobel

Il fallut trois jours pour que les membres du comité se remettent de leur gueule de bois et se rendent compte de leur égarement.  Une brève rencontre eut lieu au cours de laquelle le comité revint finalement sur sa décision et attribua le prix aux chercheurs Nagel, Hegemann et Deisseroth. Bien que l’annonce officielle n’avait pas encore été faite, la publication de notre scoop du 23 septembre obligea le comité à d’abord contacter les quatre personnes initialement sélectionnées.

Comme chacun s’en doute bien, monsieur Trump entra dans une de ses colères légendaires, menaçant immédiatement la Suède de nouveaux tarifs.

Quant aux chercheurs Soulières, Chevalier et Toure, ils prirent plutôt bien la chose, ayant dès le début soupçonné que cette sélection reposait sur des bases précaires.  En fait, le docteur Soulières, supputant qu’une hausse subite d’idiotine de type 2 pouvait être à l’origine de ce phénomène, proposa même au comité de tester des échantillons de salive que les membres du comité voudraient bien lui fournir.  Cette offre reçut un accueil enthousiaste  et on fit même parvenir au docteur Soulières les restes du repas afin qu’il puisse également réaliser des analyses supplémentaires..

Les résultats des tests

En dépit du fait que les échantillons de salive des membres du comité Nobel ne furent prélevés que trois jours après cette malencontreuse réunion, tous ont montré le même profil, en l’occurrence une concentration significative d’idiotine de type 2.  Informés de ces premiers résultats, les membres du comité ont tout de suite consenti à fournir d’autres échantillons de salive.  Bien qu’on en était maintenant à sept jours après la réunion, ces nouveaux tests permettraient de vérifier le caractère transitoire de ce phénomène.  Cette hypothèse fut confirmée car des niveaux non-détectables d’idiotine de type 2 ont été observés pour cette nouvelle série d’échantillons.  Tous ces résultats sont présentés dans la figure ci-dessous.  Il est à noter que le docteur Soulières s’est aussi amusé à calculer la concentration hypothétique d’idiotine de type 2 que les cinq sujets auraient montré au jour 0, en utilisant des équations sophistiquées de dégradation de la molécule en fonction du temps. Les cinq sujets auraient affiché des taux d’idiotine supérieurs à 200 pg/mL, qualifiés d’exceptionnellement élevés par le docteur Soulières.

Figure 1. Concentration d’idiotine de type 2 des échantillons de salive des 5 membres du Comité Nobel prélevés aux jours 3 et 7 après la réunion.  Un estimé des concentrations du jour 0 est aussi proposé.

L’équipe du docteur Soulières ne s’arrêta pas là.  Puisque des échantillons du repas du midi avaient aussi été mis à leur disposition, ils apportèrent rapidement des modifications à leur test afin de pouvoir tester des échantillons de nourriture.  Un premier test fut réalisé avec un homogénat du repas complet.  Les résultats répétés trois fois en triplicata permettent de conclure de manière certaine que ces miettes contenaient des taux significatifs d’idiotine de type 2.

Lors d’une seconde série de tests, un technicien du laboratoire du docteur Soulières entreprit de séparer chacun des éléments du repas, en l’occurrence les champignons, la purée de pomme de terre et le pain de viande, pour ensuite en préparer de nouveaux homogénats.  Les tests réalisés sur chacun de ces éléments a permis d’identifier le pain de viande comme étant la source d’idiotine de type 2, cet échantillon contenant plus de 900 pg/mL d’idiotine de type 2, une concentrations absolument stratosphérique.

Figure 2. Concentration d’idiotine de type 2 des échantillons de repas du Comité Nobel

La plupart de mes fidèles lecteurs s’en souviennent, l’idiotine de type 2 est en soi assez inoffensive. Les dégâts sont causés par un segment de la protéine clivé par l’enzyme RFK, elle-même produite par le virus HHV-10 (virus de l’herpès humain de type 10) (voir la chronique # 3 du mois de mai 2026).  Ce segment, aussi appelé peptide, a été dénommé ‘Facteur TRUMP’ (simple acronyme de Taux Résiduel et Ubiquitaire d’un Modulateur Psychopathologique) et c’est ce Facteur TRUMP qui migre au cerveau pour déclencher chez le sujet atteint une cascade d’actions insensées.   Comme les cinq membres du comité ont aussi fourni des échantillons de sang, l’équipe du docteur Soulières a aussi procédé à des tests de détection du HHV-10 chez ces personnes.  Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les échantillons se sont tous avérés HHV-10-positifs. 

En réunissant toutes les pièces de ce puzzle, nous pouvons donc parvenir à décortiquer la séquence d’évènements, tel qu’illustré par le logigramme ci-dessous.

À l’heure actuelle, les recherches se poursuivent afin d’identifier l’ingrédient du pain de viande coupable de cette incroyable boulette commise par le comité Nobel.  Les soupçons se portent principalement sur le bœuf haché.  L’hypothèse actuellement la plus solide serait que le facteur TRUMP agirait à la manière d’un prion.   Pour nos lecteurs moins avertis, les prions sont de petits bouts de protéine causant des maladies neurodégénératives telles que l’encéphalite spongieuse bovine (ESB), aussi appelée maladie de la vache folle,  et la scrapie du mouton.   Le prion dérive d’une protéine naturellement présente dans l’organisme dans sa forme cellulaire, appelée PrPC.

Cette protéine peut parfois se replier et changer de conformation, adoptant alors une forme pathogène appelée PrPSc.    Ce qui est particulier, c’est que l’apparition de ce prion déclenche une réaction en chaîne, chaque prion/PrPSc pouvant promouvoir le changement de conformation  d’une PrPC avoisinante, tel qu’illustré ci-dessous.

Figure 3. Formation des Prions. (tiré et traduit de https://www.cureffi.org/2016/06/28/introductory-reading-list/)

Je n’irai pas plus loin dans la description de ces molécules en vous invitant plutôt à cliquer le mot ‘prion’ sur votre moteur de recherche préféré.   

En adaptant ce schéma à  la conversion du segment d’idiotine en Facteur TRUMP, on obtient donc la séquence suivante :

Figure 4. Formation des Facteurs TRUMP.

Assez curieusement, on pourrait appliquer ce schéma à l’élection du président américain alors qu’un évènement initialement inusité, soit l’adoption par un électeur américain des thèses et promesses farfelues proposées par un candidat à la présidence  a mené de façon exponentielle à l’élection de ce candidat en recueillant plus de 77 millions de votes.  C’est fascinant de constater comment l’infiniment petit  peut parfois rejoindre l’infiniment grand, en particulier en ce qui concerne l’idiotie.

Pour en revenir à notre histoire, il semblerait donc que l’ingurgitation par les cinq membres du comité Nobel du pain de viande contenant du bœuf contaminé aurait entraîné des divagations à l’origine de la nomination de monsieur Trump comme récipiendaire du prix Nobel de médecine.

Selon mes sources, des résultats préliminaires indiqueraient que seuls les bovins américains seraient infectés par le facteur TRUMP mais cela demeure à confirmer.  Certains esprits malveillants s’empresseront de dire que cela expliquerait le comportement erratique de certains gros mangeurs de bœuf américain, une cohorte que l’on estime à plus de 77 millions de personnes, mais c’est un terrain sur lequel nous refusons de nous aventurer avant d’avoir des données plus probantes.

Les chercheurs Eliot Soulières, Christophe Chevalier et Valentin Toure sont des personnages fictifs tirés du roman ‘L’idiotine’ publié par l’auteur en 2026.  Vous pouvez vous procurer cette œuvre hilarante chez tous les bons libraires.

Quant à Donald Trump, ce n’est malheureusement pas un personnage fictif.

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